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Chastelet. La cause pour laquelle nous ne vous en avons donné advertissement a esté parce que nous estimyons que c'estoit une vraye follye, et chose es­cripte à plaisir par quelque fol insensé et mal ad­visé, et que cela ne meritoit pas de venir jusques à vous, pour craintte de vous donner quelque mau­vaise oppinyon contre ceulx de ceste ville. Graces à Dieu, l'issue a esté elle que nous l'avions tous­jours pensé et estimé. Quant au personnage nous nous en doubtons fort, et en avons de grandes aproches et aparances; si c'est celluy dont nous nous doubtons, il n'est pas des plus saiges de la ville.
«Nous vous supplions trés humblement qu'il vous plaise de nous tenir et entretenir tousjours en telle volunté et affection que vous avez faict tant aupara­vant que depuis l'advenement de vostre Couronne, et que la temerité d'ung fol ou personnage mal advisé ne vous donne occasion d'en diminuer aucune chose,
E DE PARIS.                                              229
car vous congnoistrez tousjours par évidence de faict que tous ceulx de ceste ville, lant grans, moyens que petitz, ontesté, sont et seront prestz etpromptzà vous obeyr en ce qu'il vous plaira leur commander et or­donner en tout ce qu'il leur sera possible; et que s'il y manque ou deffault quelque chose, ce ne sera que faulte de puissance et non de bonne volunté, qui ne leur fauldra jamais en vostre endroict.
Sire,
"Nous prirons Nostre Createur vous donner sa grace et en parfaitte santé trés bonne, trés longue et trés heureuse vie.
"A Paris, le deuxiesme jour d'Octobre m v° lui.
«Vos trés humbles et trés obéissans subjectz et serviteurs,
" Les Prevost des Marchans et Eschevins de la Ville de Paris."
CCCCXI. Lettres à Monseigneur le Cardinal de Lorraine touchant lesd, placars,
CE QUI S'ENSUYT.
2 octobre 1553. (B fol. a35 r°.)
Monseigneur , "Nous ne nous sommes poinct voullu advancer de advertir le Roy ne vous de quelques placars qui furent affichez les xxmie et xxv6 jours du moys passé en deux endroictz de ceste ville, par ce que nous pensions bien que la chose avoit esté faitte par un fol et mal advisé et que l'issue en seroit telle comme elle a esté, assavoir ung neant; car veritablement ne c'est trouvé personne qui ayt faict contenance de se vouloir eslever ne mutiner. Aussi est le peuple de ceste ville de si bon naturel, qu'il n'y a personne qui y voulsist avoir pensé, joinct que l'on ne leur a donné les occasions de ce faire; car, combien qu'il soit mal aisé de contenter une comune telle que celle de ceste ville, pour tant d'affaires que nous avons eu à desmeller et manier les ungs sur les autres et venans tous ensemble en ung mesme temps: si esse que nous avons conduict les choses en la plus grande doulceur et graciosité qu'il nous a esté possible, soullageans totalement les paouvres sans fouller les riches.
"Au regard des cotisations des maisons, elles n'ont point esté faittes par nous; seullement nous est demouré la peine recepvoir les deniers, qui est telle qu'il est tousjours deu une sepmaine pour le moings. Pour le present, nous en debvons deulx.
"Nous vous supplions trés humblement qu'il vous plaise nous faire tant de bien et d'honneur pour ceulx de ceste ville qui meritent quelque specialle grace et faveur. Que si le Roy a eu quelque mau­vaise opinion, par le moien desd, placars, qu'il se peust ou deust fere quelque émotion, estant informé de la verité des choses, qu'il luy plaise de l'hostel-et de croire qu'il n'a en tout son Royaulme sub­jectz qui désirent estre plus obéissans à luy en tout ce qu'il luy plaira leur commander et ordonner.
Monseigneur, "Nous prirons Nostre Createur vous donner sa grace et en santé bonne vie et longue. "À Paris, le 11e jour d'Octobre 15 53, n